Réussir la visite libre du musée de la Grande Guerre

Pourquoi visiter le musée de la Grande Guerre ? La visite d’un musée a un caractère exceptionnel qui lui donne une importance particulière. Sa singularité ne vient pas exclusivement du fait qu’elle échappe au quotidien du programme de la classe. Elle tient aussi à la richesse et à la rareté des situations d’apprentissage qu’elle apporte.

Pourquoi visiter le musée de la Grande Guerre ?

La visite d’un musée a un caractère exceptionnel qui lui donne une importance particulière. Sa singularité ne vient pas exclusivement du fait qu’elle échappe au quotidien du programme de la classe. Elle tient aussi à la richesse et à la rareté des situations d’apprentissage qu’elle apporte.

On peut les décliner ainsi :

  •     S’ouvrir sur l’extérieur, sortir de l’environnement scolaire habituel
  •     Actualiser et acquérir des connaissances à travers la muséographie
  •     Vivre un temps fort, participer à un événement
  •     Se confronter à une collection d’objets et de documents authentiques

Destinée à consolider des connaissances ou conçue comme une entrée en matière, une visite au musée se prépare. La tâche de l’enseignant ou de l’équipe impliquée se révèle particulièrement riche parce qu’elle concerne des acquisitions que la pratique sédentaire et scriptocentrée ne permet pas souvent d’approcher.

S’ouvrir sur l’extérieur, sortir de l’environnement scolaire habituel

Du point de vue de l’élève, cet aspect concerne essentiellement les comportements et les savoir-faire. En sortie pédagogique, les repères sont différents. Les règles pour les déplacements, les prises de parole, la disponibilité aux apprentissages sont modifiées. Jusqu’à la place et au rôle que peut vouloir endosser l’enseignant.

La préparation concerne la responsabilisation des élèves et l’aide à leur fournir pour qu’ils soient autonomes au bénéfice du dynamisme du groupe classe.

Pour connaître les attentes du musée de la Grande Guerre en termes de comportement, l’enseignant se référera aux « Quelques règles pour votre visite » que propose le musée.

Actualiser et acquérir des connaissances à travers la muséographie

L’environnement sensoriel, les déplacements, les différents supports de médiation transmettent un message aux élèves. Ces éléments donnent du sens aux collections exposées.

La préparation de la visite aidera les élèves à prendre conscience qu’ils doivent être disponibles et se laisser pénétrer par la scénographie pour entrer dans la logique pédagogique poursuivie par le musée.

Pour plus d’informations :

Repères pour structurer la découverte du musée

Caractéristiques muséographiques du musée de la Grande Guerre

Du vocabulaire pour mieux investir le musée

Vivre un temps fort, participer à un événement

Du point de vue de l’élève, la motivation se trouve accrue. Ce moment unique incite à une mobilisation intellectuelle inédite, induit aussi une promesse de nouveauté, de mouvement.

La préparation vise à aider les élèves à savoir vivre un temps fort. Partant d’attentes qui sont à définir, il faut parvenir à ce que les apports scolaires, éducatifs, personnels ne soient pas éclipsés par le caractère ludique et spectaculaire de l’événement.

La visite peut se penser selon deux modalités qui conditionnent l’organisation du parcours de la classe : 

1. une visite qui représente une entrée en matière dans l’étude de la Première Guerre mondiale (ou plus largement de la problématique Histoire et mémoire),

2. une visite pour approfondir ou fixer les connaissances sur des entrées historiques ou transdisciplinaires en lien avec la Première Guerre mondiale.

Quelles attentes pour quelle visite ?

Comment définir les attentes qui vont aider les élèves à préparer leur visite et à en évaluer la réussite ?

La classe va s’engager dans la visite du musée avec une hétérogénéité qui est le lot de toute participation collective à une sortie pédagogique. Pour composer au mieux avec ces disparités, l’enseignant peut entamer la préparation de la visite en faisant un bilan avec les élèves de leur expérience de la fréquentation d’un musée ou d’une exposition, dans un échange oral collectif en posant ce type de question :

Qui, parmi vous, a l’habitude de visiter des musées ou des expositions ? À quoi tient le plaisir que vous y avez trouvé ? Quels aspects ne vous ont pas plu ? Quelles différences y-a-t-il entre une visite familiale et une visite dans le cadre scolaire ? Quels conseils pouvez-vous donner à vos camarades pour qu’ils profitent pleinement de leur visite au musée ?

L’enseignant expose pourquoi il inscrit la classe à une visite au musée en termes d’objectifs pédagogiques. Cela lui permet de pointer clairement aux élèves les différentes dimensions dans lesquelles se mobiliser. Les comportements, les savoir-faire et les savoirs sont tous concernés. Aussi, pour ne pas noyer les élèves, est-il préférable de cibler une attente dans chaque dimension, et de dégager pour chacune, un thème, un périmètre.

Exemple

Comportement : collaborer à la pleine réussite de la formule adoptée pour organiser la visite. Savoir-faire : savoir prélever des informations dans le cadre d’une organisation dans un groupe de trois. Savoir : l’enseignant indique le thème qu’il a choisi de traiter en rapport avec la Première Guerre mondiale.

Parmi les idées de thèmes à traiter, on notera :

  • la place des enfants dans la Première Guerre Mondiale,
  • l’ennui dans la tranchée,
  • l’environnement sonore sur le front,
  • les relations entre le front et l’arrière,
  • l’influence des avancées technologiques sur le cours de la guerre.

Par ailleurs, les dix salles thématiques du musée de la Grande Guerre constituent autant de thèmes par lesquels il est possible d’aborder la visite. Pour cela consultez les fiches outils proposées par le musée pour chaque salle.

Bien évidemment, la mise en place de ce contrat ne peut se passer de la détermination d’une réalisation concrète, individuelle ou collective, qui permettra de mesurer les acquisitions, de mutualiser les apports en connaissances (ou en méthodologie, ou en comportement) et, évidemment, de mettre les élèves en activité durant la visite.

Voici quelques suggestions de réalisations concrètes déclinées en termes de « mission à accomplir » par les élèves dans le cours de la visite :

Mission d’historien

− Collecter les traces d’éléments pertinents pour traiter une problématique de retour en classe, par exemple : comment vaincre l’ennui dans la tranchée ? De quelles façons les avancées technologiques influencent-elles le cours de la guerre ? Quel peut être l’environnement sonore sur le front ?

− Collecter les traces d’éléments pertinents pour être capable, de retour en classe, de concevoir une exposition virtuelle en proposant une sélection d’objets et la scénographie appropriée. Il s’agit de traiter un sujet donné.

Mission de journaliste 

− Relever de quoi construire la une d’un journal qui serait contemporain de la guerre (sur un événement, sur un lieu, sur un fait sociologique, sur une personne ou un groupe social…).

− Réaliser un article sur la visite au musée pour le bulletin municipal de la commune ou le site internet du musée, de l’école, du collège ou du lycée.

− Collecter de quoi concevoir le contenu d’une émission de radio de cinq minutes.

Mission littéraire

− Participer à la constitution d’un jeu de sept familles et, pour cela, repérer et enregistrer la trace de cinq objets pour constituer une des sept familles du jeu.

Exemple 

Les sept familles de la langue des poilus : les objets du barda, les objets de la cagna, les objets de la tambouille...

− Mettre en œuvre une visite contée : après avoir choisi l’environnement de l’objet ou de la vitrine ou de l’atmosphère qui s’y prête le mieux, un groupe d’élèves fait lecture à la classe d’un extrait de témoignage d’un soldat (courrier, carnet de guerre, discours, poème…) préalablement sélectionné et préparé en classe.

− Collecter les éléments nécessaires pour ajouter une nouvelle page à un ouvrage documentaire de littérature de jeunesse consacré à la Première Guerre mondiale en respectant son cahier des charges (charte graphique, angle d’approche, mode d’énonciation des informations…).

− Participer à la constitution d’un abécédaire portant sur une thématique précise.

Mission artistique

− Construire une double page en bande dessinée, en partant d’une carte postale.

Mission culturelle

− Rédiger un guide destiné à aider à la découverte d’un musée en s’inspirant d’ouvrages de littérature de jeunesse.

− Réaliser le contenu de ce qui deviendrait un Audioguide sur une thématique ciblée et qui pourrait être mis en service à destination d’autres classes.

Comment organiser les groupes pour la visite ?

La classe peut être organisée en équipes de trois élèves où l’entraide et la coordination sont nécessaires. Voici un exemple de configuration pour une mise en activité  nécessitant une collecte d’informations :

Un élève opérateur enregistre la trace qui va être laissée en vue de la valorisation ultérieure. Il enregistre du son ou de l’image, avec un appareil photo numérique puisque certains enregistrent aussi du son, ou avec un enregistreur audionumérique ou un téléphone portable. Il fait le choix de l’angle, la valeur du cadre, le zoom sur un détail en fonction des indications que rappelle l’élève script.

Un élève régisseur assure la pleine réussite des enregistrements de la collecte : il repère les informations à joindre à l’enregistrement (notamment en se référant au cartel ou à une notice plus générale). Il s’assure qu’il n’existe pas une pièce plus pertinente à choisir pour être enregistrée. Il aide l’opérateur à mettre en place le pied de l’appareil de prise de vue, le cas échéant.

Un élève script rappelle la consigne, la recherche qui correspond à la mission. Il s’applique à argumenter pour choisir les traces pertinentes à collecter. Il renseigne une brève notice pour chaque trace enregistrée (nom et emplacement de l’objet, numéro d’ordre de l’enregistrement, nombre d’enregistrements conservés…).

Voici une proposition de notice type :

Au lieu d’être écrites, ces informations peuvent faire l’objet d’un enregistrement sonore.

Important : ce travail en trio doit être préalablement testé et rôdé en classe, notamment pour ce qui concerne la maîtrise des appareils utilisés pour enregistrer. À chaque étape, les rôles peuvent être interchangés.

Se confronter à une collection d’objets et de documents authentiques

Du point de vue de l’élève, les objets et les documents deviennent les supports privilégiés de l’observation. Ils sont éventuellement assortis d’une présentation assurée par un médiateur.

La préparation concerne ici la sensibilisation aux différentes capacités d’assimilation de connaissances, capacités de « lecture » qui vont être sollicitées. La qualité de l’écoute entre en ligne de compte ainsi que la capacité à recourir à une collecte d’informations sélective et ciblée.

Voici les capacités de lecture des élèves qui seront sollicitées :

Lecture non exclusivement textuelle et fragmentée : c’est une lecture indissociable de l’éducation du regard : dans quel espace du musée sommes-nous ? Qu’indique la signalétique ? Les codes de couleur ? Les éclairages ? Quel est le sens de lecture à adopter pour profiter du contenu des vitrines ?

Lecture technique : déchiffrer une carte géographique, lire une image (affiche, tableau, photographie…), observer un objet.

Lecture rapide, en diagonale : prendre connaissance rapidement du contenu d’un texte long, sans avoir à le déchiffrer totalement.

Lecture experte : déchiffrer tout ou partie d’un texte contenant des éléments lexicaux ou syntaxiques inhabituels ou savants (notamment du vocabulaire technique, de l’argot, des mots ou expressions rédigées dans une langue autre que le français).

Lecture courante : prélever des informations en déchiffrant un texte « standard ».

On peut décider que les activités autonomes des élèves seront conçues pour leur permettre d’exercer et de perfectionner une ou deux capacités de lecture. Les plus prégnantes dans la fréquentation du musée sont la lecture technique et la lecture non exclusivement textuelle et fragmentée.

On peut concevoir les interventions du médiateur et des accompagnants comme épargnant aux élèves les autres types de lecture pour qu’ils se concentrent sur la lecture technique et la lecture non exclusivement textuelle et fragmentée. Ainsi, c’est par transmission verbale des adultes (qui ne va pas sans l’écoute) que les élèves prendront connaissance des informations. C’est lors d’une phase aménagée de collecte autonome qu’ils seront confrontés à la lecture technique et la lecture non exclusivement textuelle et fragmentée, grâce à des missions conçues dans ce but.

En ce qui concerne l’évaluation de l’impact de la visite, l’enjeu est d’obtenir que les élèves soient capables de distinguer ce qu’ils ont appris de nouveau, ce qu’ils ont confirmé de leurs connaissances antérieures et les interrogations qui se font jour et qui appellent une nouvelle confrontation à l’étude du sujet.

 

Repères pour structurer la découverte du musée

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Du vocabulaire pour mieux investir le musée

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