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La bataille de la Marne

Dans quel contexte s’inscrit la bataille de la Marne ?

La bataille de la Marne intervient dans un contexte marqué par la progression de l’armée allemande qui, après avoir envahi la Belgique en août (bataille de Charleroi des 21-23 août 1914), débouche sur les plaines du nord de la France. Le 1er septembre, les Allemands sont à Senlis, le 2, dans les faubourgs de Meaux, soit à une cinquantaine de kilomètres de la capitale. Face à cette menace, 500 000 à 700 000 Parisiens se retrouvent sur les routes pour fuir l’avancée allemande dont les actes de violence commis par certains soldats sont connus des populations civiles.

Le contexte politique est tout aussi troublé puisque le 2 septembre, le gouvernement français se réfugie à Bordeaux. La défense de la capitale est confiée au général Gallieni, nommé gouverneur militaire de Paris.

Quand est-elle déclenchée ?

Le déclenchement de la bataille de la Marne a lieu le 6 septembre 1914. À l’origine de cette bataille, il y a la décision du général von Kluck, commandant l’aile droite de l’armée allemande, d’obliquer vers le sud-est en évitant Paris. Il espère ainsi fermer la retraite aux forces françaises qui rentrent de l’Est. Cette manœuvre, observée par l’aviation britannique, a pour effet de présenter le flanc droit de l’armée allemande aux armées françaises. Le 6, elles se lancent dans une contre-offensive. C’est le début de la bataille de la Marne qui se poursuit jusqu’au 9 septembre.

Quelles sont les forces en présence et où se déroule-t-elle ?

La bataille de la Marne se déroule le long d’un front de plus de 200 kilomètres, de Meaux à Vitry-le-François. Elle oppose des forces gigantesques : 750 000 Allemands contre un million de franco-britanniques.

Qu’appelle-t-on « le miracle de la Marne » ?

L’expression est française et souligne l’importance de cette bataille qui met un terme à l’avancée allemande et sauve Paris. Joffre qui avait demandé dans son ordre du 6 septembre de garder « coûte que coûte le terrain conquis et de se faire tuer sur place plutôt que de reculer » apparaît comme le sauveur. Le « succès » remporté par les Français permet d’effacer l’échec militaire du premier mois de guerre et le bilan effroyable du mois d’août.

 Quel est le bilan de la bataille de la Marne ?

La bataille a été extrêmement coûteuse en hommes. Entre le 5 et le 10 septembre 1914, les seuls Français perdent près de 80 000 soldats.

La bataille de la Marne sauve Paris mais ne marque toutefois pas la déroute de l’armée allemande qui se replie en bon ordre. Elle ne met pas un terme immédiat à la guerre de mouvement qui se poursuit jusqu’en novembre 1914 avec la « course à la mer » lors de laquelle les deux camps tentent chacun de se déborder en remontant vers le nord-ouest.

Comment expliquer l’arrêt de l’armée allemande ?

Plus que par le non-respect du plan Schlieffen qui préconisait la prise de Paris par un vaste mouvement tournant, l’échec allemand s’explique par une série de facteurs. Parmi les plus importants, une infériorité numérique due à la décision de l’état major allemand de dégarnir une partie du front ouest pour contrer l’avancée des Russes à l’Est. On peut également évoquer l’épuisement des troupes, éreintées par une avancée remarquable de près de 40 km par jour qui les a éloignées de leurs bases. La logistique n’est plus assurée correctement.