Connaître le site Mémoire des hommes

jeu, 10/23/2014 - 16:36 -- Anonyme (non vérifié)

www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

Le site internet Mémoire des hommes dépend du ministère de la défense. C’est un outil numérique incontournable lorsqu’il s’agit de préciser l’identité d’un combattant français de la Première Guerre mondiale « mort pour la France ». Il permet aussi l’accès à des documents aidant à retracer le parcours des combattants durant le conflit.

L’accès en ligne aux fiches des soldats français « morts pour la France » est possible depuis 2003. Le fichier original microfilmé est accessible auprès des Archives nationales. La mise à disposition des journaux des unités engagées durant la Première Guerre mondiale remonte, quant à elle, à 2008. Elle résulte d’un partenariat avec le Service historique de la défense où sont conservés, à Vincennes, au département de l’armée de terre, les quelque 20 000 volumes qui constituent ce fonds. Sur place, il est possible d’accéder à la consultation des documents annexes qui accompagnent ces journaux des unités : ordres, relevés manuscrits de positions, télégrammes, notes…

Grâce au partenariat avec la BDIC (la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine) cet ensemble se complète d’un accès aux historiques régimentaires. La base Sépultures de guerre indique le lieu d’inhumation des soldats enterrés dans les nécropoles nationales.

Accéder aux fiches des soldats français « morts pour la France »

La base Mémoire des hommes contient plus de 1,3 million de fiches individuelles correspondant aux soldats « morts pour la France ». Ce qui signifie qu’il s’agit du premier site à consulter lorsqu’on cherche des informations sur un poilu dont le nom est inscrit sur le monument aux morts d’une commune. Il faut également savoir qu’un certain nombre d’hommes tués à la suite de leur participation à la Première Guerre mondiale se sont vu refuser la mention « mort pour la France ». C’est le cas des fusillés condamnés par les tribunaux militaires, du moins ceux qui n’ont pas été réhabilités, dont les familles n’ont pas été rétablies dans leurs droits. Cela concerne aussi les soldats suicidés, certains parmi ceux qui sont morts par accident ou suite à une maladie. Ces cas particuliers, classés dans les catégories « Cas non acceptés » et « Cas non tranchés », sont recensés dans un fichier géré par une entité de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC) localisée à Caen. Un double est conservé aux Archives nationales.

La fiche individuelle du soldat « mort pour la France » est la numérisation d’un modèle standard de fiche remplie initialement à la main ou dactylographiée par les services du corps d’armée qui a entériné le décès.

Y sont inscrites les informations d’état civil de base, mais aussi les informations sur l’affectation du soldat au moment de son décès (grade, n° de régiment et arme, n° de matricule, lieu de recrutement). La date, le lieu et les circonstances de sa mort figurent également. En général, il ne faut en attendre aucun détail : la formulation correspond très souvent à une expression normalisée comme « tué à l’ennemi », par exemple.

Procédure pour accéder à la fiche individuelle

Depuis l’accueil, il faut opter pour le domaine « Conflits et opérations », « Première Guerre mondiale » puis cliquer sur le lien « Morts pour la France de la Première Guerre mondiale ».

Pour renseigner le moteur de recherche, il est nécessaire de connaître le nom du soldat, son prénom. Sa date de naissance est précieuse en cas de présence de plusieurs homonymes.

Accéder à des documents pour retracer le parcours des combattants durant le conflit

Chaque régiment était dans l’obligation de tenir un Journal des marches et des opérations (JMO). Ouvert du premier au dernier jour de la « campagne contre l’Allemagne (ou les empires centraux)», le JMO est un outil extrêmement précieux dans la mesure où il est renseigné « jour par jour, sans intervalles ni grattages ». Voici les consignes, exposées dans la notice du JMO, qui président à la rédaction de ce carnet de bord  :

Rédaction de l’historique

Dans la rédaction de l’historique, on devra s’abstenir de commentaires ou d’appréciations sur l’origine et les causes de la campagne entreprise.

L’historique d’un corps n’est que le récit fidèle, jour par jour, des faits, depuis la mise en route jusqu’à la fin des opérations ; il ne doit donc jamais être établi après coup.

Que trouve-t-on dans le Journal des marches et des opérations (JMO) ?

Le JMO propose un état des lieux de la situation du régiment dans le secteur où il fait campagne. Malgré une approche synthétique destinée à rendre compte de la situation des différents éléments engagés, les événements saillants font l’objet d’un récit qui peut être détaillé. Un régiment compte environ 3 000 hommes, le descriptif de la situation journalière est donc nécessairement très sélectif et ciblé sur des circonstances primordiales ou exceptionnelles.

En premier lieu, il doit théoriquement dresser un état rigoureux des pertes (tués, blessés, prisonniers, disparus), qu’elles concernent les officiers, les sous-officiers ou les soldats. Ainsi se repèrent les journées noires (assauts, coups de force, bombardements…) occupant un nombre de pages inhabituel avec d'interminables listes de noms. Il n’est pas rare qu’elles soient suivies d’un nouveau tableau récapitulatif redessinant la composition des sous-officiers et officiers nouveaux promus pour combler les trous béants laissés par les journées meurtrières. L’arrivée de l’hiver, par exemple, s’annonce par des évacuations pour pieds gelés…

Autres renseignements mentionnés : le détail des combats et des engagements avec leur bilan. En termes de préparation, de mouvements, de renforcement ou d’abandon de certaines positions, de liaison avec les troupes au contact sur la ligne de front. Les actes courageux, les faits d’armes remarquables sont signalés, à titre d’émulation. Les hommes concernés sont susceptibles d’être récompensés par une citation, voire décorés.

Enfin, on peut disposer également d’un aperçu de ce qui remplit le quotidien des troupes en l’absence de combats puisque le JMO fournit également des informations sur les travaux d’entretien, les cantonnements, les prises d’armes, les patrouilles, et les déplacements. Ainsi, les changements de secteur donnent toute leur importance au volume des déplacements pédestres et ferroviaires imposés aux hommes et aux animaux. S’ensuit alors une kyrielle de noms de tranchées, de boyaux, de lieux-dits et de villages. Il n’est pas rare de croiser une page exceptionnelle et, dans ce cas, elle aura judicieusement été numérisée en couleurs, une page où figure un croquis des positions dressé à main levée, véritable prouesse technique...

On le voit, le Journal des marches et des opérations (JMO) est un gisement solide pour mettre des images précises sur le quotidien des combattants même si l’échelle d’observation n’a pas pour objet de rendre compte de ce que peut vivre un individu au quotidien. Ce document reste une émanation officielle filtrée par le commandement ; on n’y trouvera pas de révélations pour élucider des situations litigieuses ou conflictuelles mettant en jeu la discipline, la loyauté des troupes, les qualités de la hiérarchie militaire. Du moins y lira-t-on, le cas échéant, un point de vue officiel.

C’est une avancée considérable que de pouvoir disposer de ces JMO grâce au site Mémoire des hommes. Il manque des JMO pour certains régiments. C’est souvent une manifestation de la rudesse du conflit, tel JMO ayant disparu à jamais, égaré ou irrémédiablement endommagé lors d’un déplacement périlleux sur le front d’Orient…

Accéder à l’historique régimentaire

L’historique régimentaire constitue une autre source d’informations que la base Mémoire des hommes rend accessible. Il n’est pas encore systématiquement disponible pour chacun des régiments.

À la différence du JMO, s’il reçoit l’imprimatur du régiment dont il décrit la campagne, l’historique régimentaire ne procède pas d’une rédaction réglementaire. Il est publié chez un éditeur.

Autre différence avec le JMO, il bénéficie d’une liberté formelle qui permet d’y inclure des photographies, des cartes géographiques, des citations de témoignages individuels. On apprécie sa complémentarité avec le JMO, mais elle varie beaucoup d’un historique à l’autre. En la matière, il faut convenir d’une grande hétérogénéité dans la qualité documentaire de ces publications. Elle se manifeste parfois, sur la forme, rien qu’à l’épaisseur du volume… Quoi qu’il en soit, cela fait déjà deux sources à croiser même si elles émanent toutes deux du point de vue militaire. Quelques bonnes surprises sont possibles.

Concernant les historiques régimentaires dont la maquette est la plus riche, s’il faut établir une comparaison avec un autre type de publication que le public peut avoir déjà eu en mains, on pensera aux guides bleus Michelin publiés dans les années 1920 et consacrés à une présentation des secteurs du champ de bataille occidental. Ils ne rechignent pas à citer les régiments impliqués, les opérations militaires qui s’y sont succédé.

Procédure pour accéder aux JMO et historiques régimentaires :

Pour engager la recherche, il est nécessaire de connaître dans quelle(s) arme(s) a servi le soldat et, dans le cas de la recherche d’un JMO, la date à laquelle il rejoint le front et la date de l’événement qu’on veut cibler, le cas échéant.

Comment disposer de ces informations ? En ayant consulté le livret militaire, le registre matricule, un courrier ou une citation .

Depuis l’accueil, il faut opter pour le domaine « Conflits et opérations », « Première Guerre mondiale » puis cliquer sur le lien « Journaux des unités engagées dans la Première Guerre mondiale » ou « Historiques régimentaires des unités engagées dans la Première Guerre mondiale ». Cliquer ensuite sur la barre « Faire une recherche ».

Le moteur de recherche permet de simplifier l’accès en distinguant forces terrestres, forces navales, forces aéronautiques. 

Pour l’armée de terre, on peut cliquer directement sur la barre « Consulter l’état des fonds ».

L’accès se poursuit ensuite en cliquant sur les nœuds correspondants de la zone verticale (à gauche de l’écran) pour déployer l’arborescence jusqu’au niveau contenant le fichier.